À Nantes, la grève se prolonge derrière les caméras

À Nantes, la grève se prolonge derrière les caméras

Syndicat SUD CT 44
Deux tiers des agents du centre de supervision urbain sont en grève depuis le 20 septembre. | ARCHIVES OUEST-FRANCE Ouest-France Valentin BIRET

En grève depuis le 20 septembre, des agents du centre de supervision urbain de Nantes métropole dénoncent un manque de considération, humain et financier.

Derrière les 139 caméras de vidéosurveillance installées à Nantes, Saint-Herblain, Orvault et Vertou, quinze vidéo-opérateurs sont chargés de scruter le mur d’écrans du centre de supervision urbain, à Nantes. Un travail qui mobilise un à trois agents 24 heures sur 24.

Depuis le 20 septembre, onze d’entre eux sont en grève pour réclamer un réaménagement de leurs

horaires et une revalorisation de leur salaire. « Nous gagnons deux euros de moins par heure par rapport à nos collègues de Saint-Herblain. Et notre salaire moyen net, de 1 400 € par mois, ne prend pas en compte la pénibilité. À Toulouse, un agent avec le même grade et la même ancienneté perçoit 1 900 € », affirme David Jannin, porte-parole au syndicat Sud 44, qui dénonce également l’attitude de son employeur, Nantes métropole : « Quand on dépose un préavis de grève, c’est pour négocier. Mais là, personne ne veut nous rencontrer ».

« L’ensemble des agents du CSU ont été rencontrés les 4 et 17 septembre par la direction de Nantes Métropole. Le syndicat Sud, comme tous les agents, a reçu un courrier réponse de la Métropole à leurs demandes », écrit Nantes métropole, sans donner plus de détail. « Plusieurs évolutions ont été envisagées. Le travail est encore en cours. » Nantes Métropole a donc choisi d’organiser des réunions de service plutôt que de rencontrer les syndicats.

Qui pilote les caméras ?

Au-delà de ces considérations, les porte-parole de Sud, David Jannin et Steven Clouet, soupçonnent leur employeur d’avoir remplacé les agents en débrayage aux manettes, mettant à mal le principe de leur mouvement : « Nous ne comprenons pas comment les caméras sont pilotées alors que nous sommes en grève. »

Qui les a donc pilotées ? « Seules les personnes déclarées en préfecture, les vidéo-opérateurs du CSU, leur hiérarchie et les agents de la police nationale peuvent accéder aux enregistrements. Aucune personne autre que celles déclarées n’ont eu accès aux caméras et à leur pilotage », répond, ou plutôt contourne, la Métropole.

Si les discussions sont toujours en cours, le syndicat Sud a déjà sorti sa calculatrice.« Nous avons du mal à comprendre que la Métropole soit prête à sortir deux millions d’euros par an pour la police des transports, que nous approuvons néanmoins, mais qu’elle ne trouve pas 10 000 € pour nous ».

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